Lutter contre la grossophobie au travail
Lutter contre la grossophobie au travail
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La grossophobie au travail se traduit par des remarques, des attitudes ou des décisions défavorables sur le poids ou la corpulence d’une personne. Au-delà des moqueries, ces comportements relèvent d’une discrimination liée à l’apparence physique, interdite par la loi. Pour les entreprises, prévenir la grossophobie, c’est à la fois respecter leurs obligations légales et garantir un environnement professionnel fondé sur le respect et l’égalité de traitement.
Ce qui relève de la grossophobie au travail
La grossophobie peut prendre des formes diverses qui, souvent, passent inaperçues ou sont minimisées. Elle se manifeste par des refus d’embauche ou des non-promotions motivées par l’apparence physique. Elle apparaît également à travers des remarques sur le poids, la silhouette ou la tenue vestimentaire, parfois formulées sur un ton prétendument humoristique. Elle englobe aussi les moqueries répétées ou les attitudes d’exclusion, qui isolent progressivement la personne visée.
Ces pratiques sont clairement identifiées comme des discriminations fondées sur l’apparence physique, une catégorie expressément interdite par la loi¹. Au-delà du cadre juridique, elles altèrent la cohésion des équipes, diminuent la motivation et ont des conséquences directes sur la santé psychologique des personnels, qui peuvent développer une perte de confiance, de l’anxiété ou de l’isolement.
Ce que dit la loi
Le Code du travail
L’article L.1132-1 du Code du travail interdit toute mesure discriminatoire fondée notamment sur l’apparence physique¹. Il précise qu’aucune personne salariée ne peut être écartée d’une procédure de recrutement, sanctionnée, licenciée ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle soit directe ou indirecte, en raison de son apparence. Cette protection concerne les candidats et candidates à un emploi, les personnes en apprentissage ou en stage, mais aussi l’ensemble des salariés déjà en poste. Elle couvre aussi l’accès à la formation ou à une évolution professionnelle, ce qui implique une vigilance constante dans l’ensemble des décisions RH. L’employeur a donc la responsabilité d’assurer l’égalité de traitement et de prévenir toute forme de discrimination liée à l’apparence physique.
Le Code pénal
L’article 225-1 du Code pénal définit la discrimination comme toute distinction fondée sur l’origine, le sexe, l’apparence physique, le patronyme, l’état de santé, le handicap ou d’autres critères protégés². La grossophobie, lorsqu’elle repose sur l’apparence physique, entre dans ce champ et peut donc être pénalement sanctionnée.
L’article 225-2 précise les sanctions encourues³. Une personne physique peut être condamnée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, tandis qu’une personne morale peut se voir infliger une amende allant jusqu’à 225 000 €. Ces sanctions rappellent que la lutte contre la discrimination est une obligation légale et non une simple recommandation.
Le harcèlement moral
L’article L.1152-1 du Code du travail protège également les salariés contre le harcèlement moral⁴. Il interdit tout agissement répété ayant pour objet ou pour effet la dégradation des conditions de travail, lorsqu’il porte atteinte aux droits ou à la dignité de la personne. Des remarques insistantes ou humiliantes concernant le poids, la silhouette ou toute caractéristique physique peuvent donc être qualifiées de harcèlement moral, même en l’absence d’intention explicite de nuire. La répétition des propos et leur impact sur la personne suffisent à caractériser une situation de harcèlement.
Ce qui ne relève pas automatiquement de la discrimination
Certaines différences de traitement ne représentent pas une discrimination au sens strict du droit. Une exigence liée à l’apparence physique peut être admise lorsqu’elle est objectivement justifiée par la nature du poste et proportionnée à l’objectif poursuivi¹. Cela concerne, par exemple, un rôle artistique nécessitant une morphologie précise ou un métier impliquant des équipements de sécurité spécifiques. Cependant, lorsque l’apparence physique ou la corpulence n’a aucun lien avec les aptitudes professionnelles, elle ne peut en aucun cas justifier une différence de traitement. Ainsi, toute décision qui s’appuie sur ces critères devient alors illégale et expose l’entreprise à une responsabilité juridique.
Exemples de remarques ou comportements à proscrire
Pendant le recrutement
La grossophobie peut apparaître dès la rédaction de l’offre d’emploi. L’inclusion de critères physiques non nécessaires, comme la mention d’une « silhouette fine » ou d’une « présentation soignée » sans justification, est un premier signal d’alerte. Un refus d’embauche motivé par la corpulence, même de manière implicite, relève également de la discrimination. Il en va de même pour les questions sur le poids, les habitudes alimentaires ou la santé, qui n’ont aucun lien avec les compétences professionnelles.
Au cours de la relation de travail
La grossophobie se manifeste aussi dans le quotidien professionnel. Des blagues récurrentes sur le poids, des commentaires sur la tenue, ou un isolement subtil au sein de l’équipe créent un climat irrespectueux et discriminant. Un refus d’évolution ou une évaluation dégradée pour des raisons d’apparence sont également prohibés. Dans chacun de ces cas, la responsabilité de l’employeur peut être engagée, que ce soit au titre de la discrimination ou du harcèlement moral⁴. La gravité des propos, leur répétition et leurs conséquences déterminent la qualification retenue.
Comment prévenir la grossophobie au travail
1. Rédiger des offres inclusives
La prévention commence dès la publication de l’annonce. Les offres d’emploi doivent exclure toute référence au poids, à la silhouette ou à une apparence spécifique. Les expressions subjectives comme « bonne présentation » ou « silhouette agréable » doivent être évitées, car elles ouvrent la voie à des interprétations discriminatoires. Une annonce inclusive se concentre exclusivement sur les compétences, les qualifications, l’expérience et les missions attendues.
2. Sensibiliser les équipes RH et les managers
La formation permet de prévenir les discriminations. Les responsables des recrutements et les managers doivent être sensibilisés à l’identification des préjugés liés à l’apparence physique. Les formations intitulées « Recruter sans discriminer » permettent de mieux comprendre les mécanismes de stéréotypes et d’adopter des pratiques professionnelles respectueuses et équitables.
3. Mettre en place un cadre clair
Pour éviter les comportements discriminatoires, les entreprises doivent instaurer un cadre clair. Le règlement intérieur peut rappeler l’interdiction de toute discrimination fondée sur l’apparence physique et préciser les comportements prohibés. De plus, un dispositif de signalement anonyme doit être accessible pour permettre aux victimes et témoins d’alerter. L’employeur doit également sanctionner les comportements discriminatoires conformément aux dispositions du Code du travail⁴, afin de démontrer son engagement pour un environnement de travail respectueux.
4. Promouvoir une culture d’entreprise inclusive
La prévention passe aussi par une culture interne positive. Les organisations peuvent valoriser la diversité corporelle dans leurs communications et encourager les attitudes bienveillantes. En effet, sensibiliser les équipes à l’impact psychologique de la grossophobie permet de développer l’empathie et de mieux comprendre les conséquences de certaines remarques. De plus, une culture inclusive, fondée sur le respect de chaque personne, améliore la qualité de vie au travail et la performance collective.
La loi française interdit toute discrimination fondée sur l’apparence physique, ce qui inclut la grossophobie. Les entreprises doivent donc agir concrètement en formant les équipes et en réagissant immédiatement face à tout comportement discriminatoire.
Sources
¹ Code du travail, article L.1132-1, République française
² Code pénal, article 225-1, République française
³ Code pénal, article 225-2, République française
⁴ Code du travail, article L.1152-1, République française
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